Paddy's profilePaddy worldPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
September 08 DormirPuisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, Puisque le temps court, puisque rien ne le retient, Je sais, je crois qu’un volcan jamais ne s’éteint. Je sais, je crois encore au baiser salé, à son doux jus. Même la nuit, le silence brille par son absence. Ecoute ! Ne sens-tu pas que chaque bruit est épié ? Chacun de tes soupirs résonnent ces plaisirs démodés, Ceux que tu pleures, rongés par cette vile déviance. Puisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, Rien à faire ! Déjà revient lumière qui chasse repos. Les yeux lourds, le corps maladroit en quête de répit, Chahutés par le même refrain d’une nuit sans oublis, Café sans soleil, un jour de plus à courber le dos Puisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, Un regard sur le titre, « Toi et moi », les mains se posent. Belle couverture, reliure soignée, déjà, l’objet est beau. Un livre, une salle au trésor riche de tous ses mots, Une préface alléchante dégage sa douce odeur de prose Puisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, J’ai déjà lu ce livre, c’est plus fort que moi. Pas même un paragraphe pour ce qu’Amour a défié, Trois pauvres lignes pour dire qu’ils se sont aimés, Et puis ce dernier chapitre, censé me dicter ma loi. Puisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, Les écrits demeurent et les paroles s’envolent. Comme promettre est s’engager à mentir un jour, A quoi bon l’écrire si ce n’est pour toujours ? Que de mots voilés, masqués sous ces paraboles. Puisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, Comment pourrais-je, moi qui aime tant ces mots, Ouvrir ce carton et toutes nos lettres déballer ? Si dures à lire mais trop précieuses pour l’autodafé, Feu maléfique dans la nuit pour apaiser mes maux Puisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, Trop mal à l’âme pour maintenant détruire ce trésor. Et même si cette nuit j’ai cru perdre le sens de l’amour, Je ne brûlerai pas ceux qui poussèrent mon sang au détour. Dormir, oublier que cette nuit n’est pas celle de ma mort. Puisque je ne dors pas, puisque je ne dors plus, Puisque le temps court, puisque rien ne le retient, Je sais, je crois qu’un volcan jamais ne s’éteint. Je sais, je voudrais tant croire que je ne l’aime plus. Dormir… |
|
|